Interview de Carène Ponte

Après avoir aimé sa plume lors de mes lectures précédentes avec « Un merci de trop » et « Mélissa sac à Gras », j’ai découvert avec plaisir, début juillet, le dernier roman de Carène Ponte, « Avec des si et des peut-être » paru le 24 mai dernier aux Editions Michel Lafon. Aujourd’hui Carène se prête avec humour et bonne humeur au jeu des questions- réponses! Je vous laisse en sa compagnie! 

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Le Nez dans les Bouquins : Bonjour Carène, peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs?

Carène Ponte : Je m’appelle Carène (Eh oui je n’ai pas de pseudo.. En fait parce que je n’y ai pas pensé… 😉 ), je vais avoir 38 ans (la semaine prochaine…). Je suis en couple avec l’homme de ma vie depuis 19 ans (Oh.My.god) et j’ai deux enfants (un garçon de 10 ans et une fille de presque 7 ans). Dans la vie je suis responsable de formation, un métier sérieux et tout et tout.

LNB : Parles nous un peu de ton nouveau roman « Avec des si et des peut-être » paru aux Editions Michel Lafon le 24 mai dernier. D’où t’es venu l’inspiration du thème ? Serais-tu secrètement toi aussi une adepte des « si » et des « peut-être » ?

CP : Alors c’est une question que je me pose souvent en voiture. Pourquoi en voiture ? Bah parce qu’au volant, je réfléchis à des tas de trucs. Je regarde la route aussi, rassurez-vous si jamais vous me croisez !  😉
Depuis des années, je me dis que j’ai envie d’écrire une histoire qui fait évoluer le même sans-titre3.pngpersonnage sur deux lignes différentes, en modifiant un choix de départ. Et voilà, l’année dernière est paru le roman « Quoi qu’il arrive » de Laura Barnett qui, elle, fait évoluer le personnage sur trois histoires différentes. C’est de ma faute, il fallait que je me lance avant! Mais comme le thème ne me quittait pas, j’ai réfléchi pour l’intégrer d’une autre manière que celle à laquelle j’avais pensé.

LNB : Maxine est une protagoniste particulièrement attachante et tous les personnages qui gravitent autour d’elle ont un caractère bien particulier . Comment construis-tu tes personnages ?

CP : Les personnages c’est le travail que je fais en premier. Parce que je trouve que c’est ce qui est le plus important. Si les personnages sont réussis, qu’ils plaisent (ou déplaisent) qu’ils sont attachants (ou agaçants) et bien l’histoire autour sera réussie. Je pars d’une caractéristique principale et ensuite j’écris leur histoire. Ce qu’ils aiment, ce qu’ils n’aiment pas, leurs défauts, leurs qualités. Assez peu leur aspect physique parce que, de toute façon, chaque lecteur s’imagine les personnages différemment.
Pour le personnage de Claudia dans « Avec des si et des peut-être« , j’ai associé mes lecteurs. Je savais que Maxine vivait en colocation, et je savais que je voulais une colocataire un peu barrée. Mais j’ai demandé aux personnes qui me suivent sur ma page FB de me proposer des traits de caractère un peu loufoques. Et parmi les propositions, j’ai retenu le côté bio/écolo très engagé qui me plaisait beaucoup. Et comme la personne qui me l’a proposé s’appelle Claudia et bien j’ai donné son prénom au personnage.

LNB : Tu as ce petit truc en plus qui est de parler directement à tes lecteurs à travers des annotations pleines d’humour en plein milieu de chapitre, est-ce un parti pris d’être si proche du lecteur durant la lecture ?

CP : C’est un vrai parti pris. J’adore écrire ces notes de bas de page qui me font moi-même rigoler. J’ai commencé à écrire sur un blog et la proximité avec le lecteur est très forte quand on utilise ce média. Finalement ces notes de bas de page, cela me permet de conserver cette proximité, cette manière de parler au lecteur au cours de l’histoire. Et toujours par l’humour parce que c’est ce que j’aime et que je suis comme ça dans la vie.

LNB : De l’autoédition à l’édition chez Michel Lafon ? Raconte-nous comment ce rêve s’est transformé en réalité !

sans-titre4.pngCP : Ca me paraît tellement énorme à chaque fois que j’y pense. Et je sais que j’ai beaucoup de chance de vivre cette aventure… « Un merci de trop » est passé du blog, à l’auto-édition puis à Michel Lafon. Tout ça en si peu de temps quand on y réfléchit.
J’ai auto-édité le roman en mars 2015 et j’ai eu lsans-titre.pnga chance qu’il fonctionne vraiment très bien en numérique. Je dis chance parce que malgré tout il y a une part de chance, une part que l’on ne maitrise pas. Et puis un beau jour de septembre 2015, mes agents (de chez Librinova) m’ont appelée pour me dire qu’elles avaient croisé Elsa Lafon lors d’une soirée et qu’elles lui avaient parlé de mon roman. Ma première réaction a été de rire, en mode « genre, vous déconnez là, les filles ! ». Puis ensuite je me suis dit que de toute façon Elsa allait détester, qu’elle allait trouver que le texte était tout pourri… Et puis un mois plus tard, finalement elle n’avait pas trouvé ça tout pourri, et même qu’elle voulait me rencontrer pour envisager une publication.
Je l’ai rencontrée le 4 novembre (je me souviendrais à vie de cette date et de ce moment), j’ai signé le contrat début décembre et c’était parti.

LNB : Carène, parlons un peu de toi, d’où te vient cette envie d’écrire ? Quand t’es-tu dis que c’était LE moment de partager les histoires qui sommeillaient en toi ?

CP : J’ai envie d’écrire depuis que je suis toute petite. Depuis que je lis des romans en fait. Ce sont les auteurs que je lisais qui m’ont donné envie de faire comme eux, de moi aussi faire ressentir des émotions. Mais pour ça, je me disais qu’il fallait du talent, qu’il fallait avoir de l’imagination. Et moi, je n’avais ni l’un, ni l’autre. Alors j’ai continué à lire beaucoup et j’ai enfoui le rêve d’écriture. Et puis en 2013, j’ai découvert l’existence des blogs (oui 1000 ans après tout le monde) et je me suis dit que c’était sympa de faire ça, et que peut-être je saurais faire. Je me suis lancée, j’ai pris confiance et ça a été le déclic qui me manquait. Ca a déverrouillé quelque chose.

LNB : Est-ce que tu lis beaucoup et si oui, quelles sont tes inspirations littéraires ?

CP : Oui je lis énormément !!! De tout sauf les livres qui font peur (parce que je suis une grande trouillarde). Je lis bien sur du feel good, de la littérature contemporaine, de la jeunesse, des thrillers. J’ai un penchant pour les sagas familiales.sans-titre8.png

LNB : Certains auteurs ou autrices ont des méthodes d’écriture particulières comme suivre un schéma précis, annoter ses idées dans un carnet, écrire dans le silence ou en musique, écrire en journée ou la nuit…as-tu des rituels ?

CP : Alors je commence par écrire dans un carnet : les personnages, les idées de scènes, le chapitrage… J’aime la papeterie à la folie alors j’en profite ! J’ai des tas de carnets en stock et j’achète des tas de stylos régulièrement. J’ai donc un plan de mon histoire, dans les grandes lignes. Ensuite, j’écris sur l’ordinateur, je suis ma ligne directrice et parfois les personnages n’en font qu’à leur tête et je m’en éloigne. Mais savoir que j’ai une ligne me permet cette liberté car je sais où je dois retomber si à un moment je commence à m’éloigner.
J’écris dans le silence pour la simple raison que quand il y a de la musique, je ne peux pas m’empêcher de chanter ! Et c’est moyen pour la concentration.. Besoiiiiiiiin de rien envie de toiiiiiiii lalalalalalalaa.

LNB : Allez rien que pour nous, raconte nous ton pire et ton meilleur souvenir lors de dédicaces ?

CP : Je ne dirais pas que j’ai un pire souvenir, parce qu’il n’y a jamais rien eu de désagréable. Mais il y a des moments d’intense solitude quand tu es assis derrière ta table et que personne ne s’arrête. Ou qu’on te demande si tu sais où se trouvent les cartes postales ! Une fois un type s’est arrêté, a pris mon bouquin, l’a feuilleté, m’a posé images5G0D3X7I.jpgdes tas de questions sur l’histoire, les personnages etc… Pour finalement me dire « nan mais de toute façon moi je n’aime pas lire »… Mouahahahahahah !

Par contre, des souvenirs émouvants il y en a tellement !!! J’en citerai deux : une fois une jeune fille qui devait avoir 15 ans s’est arrêtée toute timide devant moi pour me dire qu’elle rêvait d’écrire et elle était tellement émue de me parler qu’elle s’est mise à pleurer en me parlant de ses rêves. J’étais toute retournée. Et le deuxième, c’était au salon du livre de Limoges, un couple s’arrête et le mari genre rugbyman barbu prend l’un de mes romans (« Un merci de trop« ) et me dit « Ah j’ai tellement aimé votre roman !! je n’arrête pas de dire à ma femme qu’il faut qu’elle le lise !». Et il n’avait tellement pas le « profil » de mes lectrices que je vais m’en souvenir encore longtemps. D’ailleurs, il a acheté le suivant.

LNB : Des projets pour la suite ? Une nouvelle histoire peut-être déjà en cours ?

Alors, mon premier roman jeunesse sort le 15 novembre, chez Michel Lafon toujours (en version poche). Il traite du harcèlement scolaire. C’est un roman que j’ai auto-édité également en novembre 2016 et que j’ai entièrement retravaillé pour la sortie papier. Ce roman est particulier pour moi parce que j’ai repris quelques scènes que j’ai personnellement vécues pour assoir la sincérité de l’histoire.
Et sinon, je suis d’ores et déjà sur l’écriture du roman pour 2019. Hier j’ai franchi la barre des 20 000 mots écrits. Et il se pourrait qu’il y ait une surprise pour 2019 et un 2ème roman en cours d’année mais patiiiiiiience !

LNB : Merci Carène d’avoir répondu à toutes mes questions et de t’être dévoilée en toute sincérité ! Avant de se quitter, nous ferais-tu une petite photo de ta bibliothèque ou de ta pile à lire ?

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« Surtensions » d’Olivier Norek

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coup de coeur

Résumé :

Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels – un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur – se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?

Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance…

Pour cette nouvelle enquête du capitaine Coste, Olivier Norek pousse ses personnages jusqu’à leur point de rupture. Et lorsqu’on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.

Mon avis :

Encore du grand Norek ! J’ai retrouvé avec délice le capitaine Victor Coste et son équipe du SDPJ 93.

Dès le départ, le roman commence sur les chapeaux de roues avec une affaire d’enlèvement et d’homicide dans le 93. Puis on embarque au cœur de la prison de Marveil (prison fictive mais dont tous les faits narrés sont issus de faits réels) où l’on assiste, impuissant, à une jungle carcérale sans foi ni loi. Enfin, l’auteur nous invite au cœur d’une famille de la mafia corse, d’une tentative d’évasion et de vol de scellés en plein tribunal.  Pas de lien me direz-vous? Détrompez-vous, si au début on ne saisit pas tous les tenants et les aboutissants, l’auteur signe avec « Surtentions » un polar hautement ficelé et encore plus réussi que les deux premiers romans de la série, « Code 93 » et « Territoires« .

Les personnages que l’on retrouve comme le Capitaine Coste, Ronan, Sam, Joanna et Léa restent fidèles à eux-mêmes avec leurs failles, leur humour et leurs vannes décapantes, leurs peurs et leurs espoirs. Une équipe comme une véritable famille soudée, présents les uns pour les autres, pour supporter les pires horreurs. Ce que j’aime avec les romans d’Olivier Norek c’est que chaque personnage tient une vraie place dans le roman. Ils ont là, entiers. Pas de construction manichéenne du bon et du méchant non plus. Le bon a ses démons, ses noirceurs et le méchant peut aussi avoir une part d’humanité qui le rend attachant. J’en suis même venu à me dire que la méchante avait raison de tuer à un moment donné dans le livre.

Comme pour les deux premiers opus, on retrouve la patte du professionnel. On sent le flic qui a bossé 17 ans à la police judiciaire du 93. Les procédures sont détaillées, on comprend mieux les rouages du système, ses failles aussi. Ce n’est pas un simple polar, ça sent le témoignage à plein nez et c’est ça qui est bon…La plume d’Olivier Norek est toujours aussi addictive. Je l’ai découvert avec « Entre Deux Mondes » qui restera gravé longtemps en moi et depuis je ne suis jamais déçue par mes lectures. Ce sont des romans dont on ne peut pas se détacher une fois dans nos mains.

« Surtensions » surprend, jusqu’à son coup de théâtre final. Violent. Je suis restée sciée en pensant que ce n’était pas possible. Et puis je me suis dit que c’était finalement une idée géniale qui allait ouvrir plein d’autres perspectives pour la suite des aventures de Coste. ca va être long d’attendre le prochain car quand on quitte Coste et son équipe on se sent un peu orphelin…on quitte une famille quoi…

Merci Olivier Norek pour les émotions que vous me donnez à chaque page!

Le p’tit plus :

OLIVIER NOREK, lieutenant de police à la section enquêtes de recherches du SDPJ 93 depuis dix-sept ans, auteur de Code 93, Territoires et Surtensions, trois polars largement salués par la critique et le public. Surtensions a remporté Le Prix Le Point du polar européen en 2016.

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« Ma Grande » de Claire Castillon

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coup de coeur

Résumé :

« La vérité, c’est : je t’ai tuée et c’est tout. J’ai sans doute pas raison. Je regrette rien, et c’est mal ». Ils se sont rencontrés à la piscine. Ils se sont aimés pas longtemps. Ils se sont acheté une maison. Il n’a jamais cessé de subir et malgré tout un enfant est né. Il n’était pas vraiment un homme battu : pas de bleus, rien de visible. Et pourtant des coups il y en a eu. Alors on se demande pourquoi il est resté.

Mon avis :

La violence conjugale de l’autre côté. Du côté de l’homme. Celui qu’on imagine fort, viril, inébranlable. La violence des mots sans les coups. Les piques, la jalousie pour tout, pour rien, le venin, l’humiliation, le chantage au suicide, l’isolement des amis et des parents, les pleurs, les caprices, la possession, le flicage, les punitions, l’autonomie anéantie jusqu’à ne plus avoir de moyen de paiement, ne pas choisir son travail librement, ne pas pouvoir acheter quelque chose à son enfant sans demander la permission…

Je pourrais continuer comme ça longtemps tant ce que le narrateur a subi est important. Tant par la quantité que par la violence de la destruction. Détruire un être humain en quatorze ans. Détruire ses envies, ses rêves, ses passions, ses relations, son autonomie, sa capacité de réflexion, son désir.  Mais il reste car elle lui promet de changer…les fameuses périodes de lune de miel dans le cycle de la violence conjugale. Et il reste pour l’enfant. Pour cette enfant qui n’a rien demandé et qui va pourtant devenir un être hybride, mi-manipulatrice comme sa mère, mi-douce comme lui. Il dit d’elle qu’elle a les racines qui ont poussé de travers…Une enfant qui le regarde avec dédain tellement elle le trouve lâche de ne pas partir…

Ce livre écrit par une femme parle d’un homme mais je ne peux pas penser que ce n’est que pure invention. Il y a forcément un témoignage, certes romancé, qui se cache derrière. Pour avoir cette justesse d’écriture il faut qu’il y ait du vécu derrière, quelqu’un qui raconte, qui se rappelle.

L’écriture est hachée, elle sort, vite, précise, incisive parce que ça doit sortir tout simplement. Il raconte, il vomit presque à toute allure et ça se lit à la même vitesse. On en reste secoué. Forcément que ça m’a parlé. Les autres diront : pourquoi il est resté? Parce qu’on n’arrive pas à partir. Pas quand on est détruit. Pas quand on se sent plus rien. Une psychologie excessivement bien retranscrite par l’autrice et qui montre que, même après la mort, l’emprise persiste… Il faut le vivre pour le comprendre.

Un véritable coup de cœur, un véritable coup au cœur.

Interview de Christel Gibilaro

Fin juin, je vous faisais découvrir le nouveau recueil de nouvelles de Christel GIBILARO, « Merci », que j’avais adoré picorer (parce que des nouvelles, ça se picore, si si !)
Christel s’est livrée avec bonheur au jeu des questions/réponses. Je vous laisse la découvrir !
Bonne lecture !

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Le Nez dans les Bouquins : Bonjour Christel , peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques mots ?

Christel Gibilaro : Bonjour Amélie, bonjour aux lectrices et lecteurs de ton blog.
J’ai 43 ans, je suis maman de trois enfants, niçoise et je travaille dans le social. Je suis une passionnée de lecture et d’écriture. Jeune auteur, je me suis spécialisée dans la littérature courte (nouvelles et écriture de textes de chansons). Citoyenne du monde, j’essaye de faire ma part en étant sensible à la solidarité.

LNB : Après « L’Ecrimoire » édité en 2017 , tu reviens cette année avec un nouveau recueil de nouvelles joliment intitulé « Merci ». Peux-tu nous en parler ? Pourquoi ce titre ?

CG : L’édition de l’Ecrimoire est la réalisation d’un rêve de petite fille.
Après cette expérience magique, j’avais envie de dire MERCI à la terre entière ! Le titre, le thème est devenu une sorte d’évidence. Chaque nouvelle est un prétexte pour exprimer ma gratitude.
Avant de commencer une autre histoire, je garde quelques lignes pour ça, en m’adressant directement au lecteur.

LNB : Avec « Merci » le lecteur navigue entre plusieurs univers, différents thèmes voire même entre le passé et le futur. D’où te vient cette inspiration ?merci2

CG : C’est tellement dur à expliquer sans passer pour une illuminée ! (rire) Parfois c’est simplement un texte pour un concours de nouvelles que je n’envoie jamais. Mais la plupart du temps j’ai l’impression que quelque chose, quelque part envoie une idée dans les airs. Et avec ma sensibilité particulière, je la « pêche ». Oui, c’est ça…je suis une pêcheuse d’inspiration dans l’air du temps. (Et là, par exemple, je me dis que ça vaudrait le coup de creuser pour faire…une nouvelle !)

LNB : Combien de temps as-tu mis pour écrire « Merci »?

CG : Plusieurs années puisque la plupart des textes  étaient dans mes tiroirs. Sinon, chaque nouvelle a été écrite très vite, presque d’un trait.

LNB : Le choix de l’ordre des nouvelles est il dû au hasard ou bien savamment étudié ?

CG : C’est étudié. Je tente d’alterner les textes de nature différente.
Un long, un court.
Un triste, un gai.
Un profond, un léger.
En règle générale, les textes qui se suivent sont très différents. J’essaye de prendre soin du lecteur. Mais les nouvelles peuvent être lues dans n’importe quel ordre.
Allez, parce que c’est toi, un petit secret au passage, la dernière est toujours très personnelle.

LNB : Dans « Merci », si tu ne devais choisir qu’une seule de tes nouvelles, laquelle serait-elle et pourquoi ? Oui je sais, c’est terrible comme question … !

arbres-femme_2CG : Oh oui, c’est terrible parce qu’elles ont chacune une histoire.
Je vais vous raconter celle de la danseuse triste : depuis plusieurs années j’avais pêché dans les airs une idée d’histoire autour de ces arbres qui ont des formes étranges. Vous savez, un visage dans un tronc, une silhouette humaine. Mais je ne trouvais pas « le fil » (la base de la construction de l’histoire). L’année dernière, je me trouvais en voiture avec mon renard (mon amoureux) et deux amis. Dont Christine. J’ai rencontré Christine sur les réseaux sociaux (vous savez celui où il y a le mot livre dedans 😉 Et une belle histoire d’amitié est née. 
Je vous la fais courte mais elle m’a invitée pour une dédicace de l’Ecrimoire dans son merveilleux village : Cazedarnes.
Et là, un peu comme par magie, nous prenons une route bordée d’arbres…paf ! L’idée !
C’était la naissance d’une nouvelle, étrangement c’est celle qui a la préférence des lecteurs.

LNB : Christel, parlons un peu de toi, d’où te vient cette envie d’écrire ? Quand t’es tu dis que c’était LE moment de partager les histoires qui sommeillaient en toi ?

CG : J’écris depuis que je suis enfant. Malheureusement je faisais beaucoup de fautes d’orthographe, j’étais très complexée. Un jour un professeur m’a humiliée en classe. J’ai fait un blocage, je me suis jurée de ne jamais montrer mes écrits. Mais c’était sans compter sur mes amies qui ont déniché un vieux cahier…mais c’est une autre histoire.
Il a fallu que j’attende mes 35 ans ! C’est l’écriture de textes de chansons qui m’a guérie et donnée confiance aussi.
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LNB : Est-ce que tu lis beaucoup et si oui, quelles sont tes inspirations littéraires ?

CG : Je peux traverser des périodes de panne de lecture mais en général un livre par semaine, en moyenne. Je suis fan d’Amélie (un bien joli prénom) Nothomb. Je trouve qu’elle incarne l’art d’écrire. Sinon je suis bon public : bibliographie, feel good, romans classiques…je lis de tout. Mon dernier coup de cœur en date est Alain Mabanckou (j’adore le lire et l’écouter en interview)
Je lis aussi beaucoup d’auteurs niçois comme Mitch que je vous conseille vivement, il a eu la grande gentillesse de signer la préface de MERCI.

LNB : Certains auteurs ou autrices ont des méthodes d’écritures particulières comme suivre un schéma précis, annoter ses idées dans un carnet, écrire dans le silence ou en musique, écrire en journée ou la nuit…as-tu des rituels ?

CG : J’écris toujours et beaucoup dans ma tête. Quand je couche sur le papier, c’est donc d’un trait.

LNB : Des projets pour la suite ? Une nouvelle histoire peut être déjà en cours ?

CG: Oui, j’ai déjà mis le point final… »Fragiles » sera constitué de trois histoires courtes (mais plus longues que mes nouvelles habituelles). L‘histoire de personnes avec une fragilité….mais j’hésite encore à mettre un point d’interrogation à la fin du titre. Car les gens qu’on pense ou qu’on étiquette comme fragiles le sont-ils vraiment ?

LNB : Une petite photo de ta bibliothèque ou de ta pile à lire ?

CG : Oui avec plaisir. Comme beaucoup je pense, j’ai longtemps rêvé d’une pièce remplie de bouquins.
Finalement, c’est techniquement impossible. Mais je m’y retrouve aussi dans mes valeurs, je suis un passeur de livres…
Quel dommage de les laisser prendre la poussière alors que certains n’ont pas accès à la culture. Je garde quand même un espace dédié à ma passion parce qu’une maison sans livres, c’est une maison sans âme.

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LNB : Un grand merci Christel pour avoir répondu à mes questions, de t’être livrée auprès des lecteurs du blog et longue vie à ta jolie plume!

CG : MERCI et à bientôt j’espère. Vive la culture partagée et une brassée de bonnes ondes à tous ceux qui ont souvent « le nez dans les bouquins ».

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Je rappelle que l’autrice soutient l’association « Un enfant par la main » . Les droits d’auteur de l’Ecrimoire sont d’ailleurs reversés à l’association. Christel Gibilaro dit si justement que chaque parrainage peut changer une vie, mais le secret, c’est que la votre peut aussi en être changée !

 

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« Avec des si et des peut-être » de Carène Ponte

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Résumé :

Aimeriez-vous savoir quelle serait votre vie si vous aviez fait d’autres choix ?

Prof de français au lycée de Savannah (-sur-Seine), Maxine vit en colocation avec Claudia (et ses crèmes au jus d’herbe fermenté), elle aime Flaubert (ses élèves, Stromae), courir avec ses deux meilleures amies (trois cents mètres) et aller chez le dentiste (sa sœur).
Maxine croit aux signes et aux messages de l’Univers. Pourtant elle ne peut s’empêcher de se demander :  » Et si j’étais allée ici plutôt que là, si j’avais fait ceci au lieu de cela, ma vie serait-elle chamboulée ?  »
En bonne prof de français, Maxine aime le conditionnel…
Mais à trop réfléchir Avec des si et des peut-être, ne risque-t-on pas d’oublier de vivre au présent ?
Et si la vie décidait de lui réserver un drôle de tour ?

Mon avis :

J’ai passé un excellent moment de lecture avec ce dernier roman de Carène Ponte. J’avais besoin d’une période de lecture fraiche et drôle et ce roman girly a parfaitement rempli sa mission!

C’est le 3ème roman de l’autrice que je lis et à chaque fois je rentre immédiatement dans l’histoire grâce à cette plume si pétillante. Le rythme du roman est très agréable, les chapitres sont courts et je ne me suis pas ennuyée un seul instant. 

Carène joue de nouveau avec les codes de la chicklit mais y rajoute sa touche personnelle que j’avais déjà vraiment appréciée dans « Un merci de trop ». Des petites annotations qu’elle sème au cours des chapitres qui me font à chaque fois sourire et des références à ses autres romans (alors maintenant il ne me reste plus qu’à lire « Tu as promis que tu vivrais pour moi » pour comprendre certaines références car ça m’a donné l’eau à la bouche bien sûr! Mais ça tombe bien, il attend sagement dans ma PAL depuis que je l’ai fait dédicacer à Carène au Salon du Livre de Châteauroux).

Bref, revenons à nos moutons ou plutôt à Maxine dite Max par ses ami(e)s. Elle est le personnage principal et sincèrement, je l’ai adoré! Sa fraicheur, sa naïveté parfois, ses failles, ses questions existentielles et surtout, surtout, ses pensées très très osées quand elle regarde le proviseur de lycée (parce que…avouez…on le fait toutes…) et se liquéfie tout simplement devant lui. Les personnages secondaires sont également très attachants, parfois un brin stéréotypés, mais dans ce style littéraire, ça ne me dérange pas. Au contraire, je suis toujours ravie de retrouver les codes de la chick lit et de la comédie romantique qui sont comme une bouffée d’air frais dans le quotidien.

Enfin, ce roman nous donne une jolie leçon de vie sur nos choix. Sur le fait qu’il est plus important de vivre le moment présent que de se prendre la tête à essayer de penser aux choses qui se seraient passées si on avait fait tel choix à la place d’un autre. Ce qui finalement, nous empêche d’avancer et nous laisse un sentiment permanent de frustration…A travers Maxine, Carène Ponte remet avec humour et légèreté, certaines choses à leur place : nous sommes tous acteur de nos vies. Si elle ne nous plait pas, libre à nous de la changer et de la rendre palpitante en agissant en conscience.

Je remercie Carène Ponte et la Poste (seules deux personnes comprendront cette blague…) de m’avoir permis de découvrir ce nouveau roman.

Les p’tits plus :

Pour voir mes autres chroniques sur les romans de Carène Ponte :

Carène Ponte a été lauréate du prix E-crire Auféminin 2014, du concours Librinova/Tout à l’égo.

L’auteure : son blog, son insta , sa page amazon pour y trouver tous ses livres.

 

« Love Simon » de Becky Albertalli

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Résumé :

« Simon Spier, 16 ans, est gay. Personne n’est au courant. Les seuls moments où il est vraiment lui-même, c’est bien à l’abri derrière l’écran de son ordinateur. C’est sur un chat qu’il a « rencontré » Blue. Il ne sait pas grand-chose de lui. Simplement : 1/ Ils fréquentent le même lycée. 2/ Blue est irrésistible. 3/ Il l’apprécie énormément. (Pour être tout à fait honnête, Simon commence même à être un peu accro.) Simon commet alors une erreur monumentale : il oublie de fermer sa session sur l’ordi du lycée. Résultat ? Martin, un de ses camarades de classe, sait désormais que Simon est gay. Soit Simon lui arrange un coup avec sa meilleure amie, soit Martin révèle son secret à la terre entière. Problème réglé ? Pas si sûr… « .

Mon avis : 

Si je n’ai pas eu foncièrement de soucis sur le fond du roman (l’ado gay qui a du mal à faire son coming-out et qui entretient une relation virtuelle avec un mec mystérieux du lycée…), j’en ai eu avec le style de l’écriture.

Certes l’histoire n’est pas extraordinaire mais on finit par s’attacher à cette bande de lycéens qui ont tous des soucis…de lycéens avec leurs amitiés, leurs amours, leurs famille, les cours… Ca nous ramène quelques années en arrière et c’est assez sympa finalement. J’ai bien aimé de personnage de Simon qui se dévoile tout au long du roman. Mais j’aurais, tout de même, aimé plus de péripéties, car au bout d’un moment je me suis un peu ennuyée. Je pense que, vu le thème, il y aurait eu matière à plus de rebondissements et d’émotions. Une fois la dernière page tournée j’ai trouvé que le tout restait assez plat.

Quant au style, j’y reviens enfin, alors là j’ai eu beaucoup de mal. Problème de traduction? Je ne sais pas. Mais combien de fois ai-je du relire pour ne pas me perdre dans les dialogues ou les actions de certains personnages. Genre, je me disais toutes les deux pages : « attend, mais qui est-ce qui lui répond là? » ou « qui lui a balancé ça? ». Bref, des moments de grande solitude où je me suis dit que j’avais une case en moins pour ne pas réussir à comprendre le bouquin! Mais non, sans prétention aucune, vu le nombre de romans que je lis, je pense que le soucis vient de l’autre côté!

Bref, un roman « young adult » qui ne restera malheureusement pas longtemps dans ma mémoire. Et après avoir vu la bande annonce du film je pense qu’il est bien meilleur que le livre…et c’est très rare pour moi de penser ça…

Je remercie Net Galley  et Hachette Roman pour m’avoir permis de découvrir ce roman.

 

Interview de Lena Walker

AVT_Lena-Walker_1276Mi juin, j’ai eu le grand plaisir de pouvoir découvrir le nouveau roman de Lena Walker, « De joie coulent mes larmes » (dont vous retrouverez la chronique ici), qui est sorti le 7 juin dernier aux Editions Michel Lafon.

Lena a eu l’immense gentillesse de bien vouloir répondre à mes nombreuses questions (on est pipelette ou on ne l’est pas!).

Bonne lecture !

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Le Nez dans les Bouquins : Bonjour Léna et merci d’accepter de répondre à mes questions. Peux-tu te présenter à nos lecteurs en quelques mots ?

Lena Walker : Bonjour, tout d’abord merci Amélie de m’accueillir sur ton blog. Je suis parisienne, maman de deux enfants et je suis auteure. J’ai grandi dans une petite ville du sud-est de la France et je rêvais de Paris ! C’est chose faite, après avoir fait une classe préparatoire littéraire, puis une école de commerce, je me suis installée à Paris où j’ai travaillé une dizaine d’année dans la communication pour diverses grandes entreprises avant de tout quitter pour vivre ma passion.

LNB : Parles nous un peu de ton nouveau roman « De joie coulent mes larmes » paru le 7 juin dernier aux Editions Michel Lafon.

LW : Romy a 27 ans et vit à Nice avec son copain, mais lorsque son grand-père décède, elle décide de revenir vivre à Saint-Tropez chez sa grand-mère. Romy se laisse vivre, elleDe-joie-coulent-mes-larmes accepte un job de vendeuse de soufflés tropéziens, jusqu’au jour où sa grand-mère l’emmène voir le medium des stars Jean-Luc ! Tout ce qu’il lui prédit s’avère être aux antipodes de ses plans… et pourtant ! Il se pourrait qu’il n’ait pas si tort ! Et si c’était le moment pour Romy de tout quitter pour vivre ses rêves ?

LNB : Combien de temps as-tu mis pour écrire ce dernier roman ?

LW : J’ai mis des mois ! En général j’écris le premier jet assez vite, vite tout est relatif, entre 4 et 6 mois, il me faut presque autant de temps pour relire, réécrire, corriger, peaufiner, supprimer, ajouter des passages…

LNB : D’où t’es venu l’inspiration des lieux où évoluent tes personnages comme Saint Tropez, Paris ou New York ?

LW : J’ai passé sept merveilleux étés à Saintvol-decouverte-en-avion-survol-de-saint-tropez.jpg-Tropez où j’ai été accueillie par un couple qui habite au cœur du village. Je sais qu’on connait Saint-Tropez pour ses frasques et son coté bling-bling, d’ailleurs je l’évoque dans mon roman, mais Saint-Tropez c’est aussi un très beau village provençal. Il y un côté terroir que j’adore. Cette ville est paradoxale et c’est ça qui me fascine.
Paris, cela fait des années que je vis ici, d’ailleurs l’appartement de Romy est exactement l’adresse de mon ancien chez moi, au pied de la Tour Saint-Jacques.
[Spoiler Alert] Enfin, New York est l’une de mes villes préférées au monde ! J’y suis déjà allée trois fois, et bien entendu j’aimerais y retourner dès que possible. Je me sens bien dans cette ville et je me vois même y vivre !

LNB : Chacun de tes personnages, Romy, Mamilou, Paul, Cécile…a sa propre histoire et sa propre psychologie. Sont-ils nés de ton imagination ou t’ont-ils été inspirés par ton propre vécu ou par des personnes de ton entourage ?

LW : Je n’ai pas vécu les drames de Romy (heureusement !), mais oui, je me suis retrouvée à 27 ans, sans rien : célibataire, pas de logement et sans travail. Je me suis dis « Ok dans la vie ce genre de situation arrive, la preuve ! il faut juste se reconstruire en commençant par le travail… », ensuite j’ai quitté ma collocation pour avoir mon propre appartement et cerise sur la gâteau j’ai trouvé l’homme de ma vie ! Dans Romy, il y a un peu (beaucoup) de moi.
Mamilou est cette dame qui m’a accueillie à Saint-Tropez. Paul est le fruit de mon imagination. Quant à Cécile, j’avais une colloc qui s’appelait Cécile. Je me suis inspirée de cette amie qui est marié à un indien… Elle n’est pas prof de Yoga, mais aurait pu le devenir !
Ce qui est certain, c’est que j’aime m’inspirer de lieux, de faits réels, d’amis pour écrire, je ne serai pas capable de tout inventer de A à Z…

LNB : Romy, ton personnage principal, est dans une situation très délicate. Elle atterrit à Paris sans travail, tout nouvellement célibataire, déprimée, et sans aucun repère, Elle oscille entre prise de conscience, grandes appréhensions et montées de courage. Un peu nous toutes quoi ! Était-ce délibéré de faire d’elle quelqu’un à qui on s’identifie facilement ?

En tout cas, je m’identifie à Romy à certains moments, et si d’autres peuvent aussi s’identifier à elle, pourquoi pas ? Récemment, j’ai reçu un message d’une lectrice qui me disait qu’elle ne connaissait pas son père et que, comme Romy, elle se demandait souvent si des hommes qu’elle pouvait croiser dans la rue ne pourraient pas être son père… Cela m’a beaucoup touchée. Je ne pensais pas que des lecteurs puissent autant s’identifier à mes personnages par certains aspects.

LNB : « De joie coulent tes larmes » ferait une formidable comédie romantique au cinéma, alors rêvons un peu et dévoile nous ton casting idéal pour interpréter tes personnages !

LW : C’est drôle, je l’ai écrit en imaginant qu’il s’agisse d’un film… Je visualisais chaque scène avant de l’écrire. Mon casting idéal ? A vous, lecteur, de me le dire ! Tout dépend si c’est un film français ou américains…

LNB : Lena, parlons un peu de toi, d’où te vient cette envie d’écrire ? Quand t’es tu dis que c’était LE moment de partager les histoires qui sommeillaient en toi ?

LW : Ecrire est une nécessité aujourd’hui pour moi. Je ne pourrais pas/plus faire autre chose. C’est plus qu’un plaisir, c’est devenu un besoin vital. Petite, je voyais mon grand-père écrire tous les jours, il avait toujours un carnet, un cahier et il écrivait. Mon père aussi est un homme de lettres. Tous les deux m’ont transmis cette passion. Dès que j’ai su écrire, j’ai commencé à remplir des carnets. Plus tard, dès que je voyageais, j’emportais avec moi un carnet. Aujourd’hui, j’ai des tonnes de carnets de voyages à la maison !
Lorsque j’ai voulu écrire, je ne savais pas quoi écrire. Une biographie ? Je me demandais qui allait vraiment s’y intéresser ? J’ai écrit à un moment où je ne lisais plus. J’ai énormément lu tout au long de ma vie et puis j’ai fait une overdose (après ma classe prépa littéraire). Je me suis mise à lire des choses plus légères, de la chick lit ou du Young Adult. Alors forcément quand j’ai voulu écrire, je me suis lancée dans une histoire que j’aurais aimée lire. C’est comme ça qu’est né Beyond.

LNB : Est-ce que tu lis beaucoup et si oui, quelles sont tes inspirations littéraires ?

LW : En Young Adult, mes influences sont Stefenie Meyer, Rick Yancey, Lauren Oliver, Veronica Roth, en adulte, je suis fan de Jojo Moyes, Liane Moriarty, Laurence Peyrin, Joël Dicker et bien d’autres encore !

LNB : Tu alternes entre l’écriture de comédies romantiques et young adult, N’est-ce pas trop compliqué de naviguer entre deux genres ?

LW : C’est compliqué je l’avoue. J’ai écrit BeyoLe-jour-ou-j-ai-change-de-parfumnd 1 et 2 et puis ensuite, j’ai écrit Un jour, j’ai changé de parfum et De joie coulent mes larmes. Si les sorties littéraires sont alternées, le Parfum est sorti en octobre 2017, Beyond 1 en mars 2018, De Joie en juin 2018 et Beyond 2 paraitra en octobre 2018, l’écriture, elle, n’est pas alternée. Je n’aurais pas pu passer de l’un à l’autre, surtout pour Beyond, c’est un univers beaucoup plus complexe.

Je suis actuellement en train de terminer la rédaction de mon troisième roman adulte. Je reprendrai ensuite la rédaction de Beyond 3.
Je pense qu’il vaut mieux se concentrer dans un genre. Je dis ça mais je n’en fais rien ! J’ai terminé un roman jeunesse (8-10 ans), le premier tome d’une saga… Enfin, je l’espère ! Il faut que je l’envoie à des maisons d’édition mais je manque de temps 😊.

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LNB : Certains auteurs ou autrices ont des méthodes d’écritures particulières comme suivre un schéma précis, annoter ses idées dans un carnet, écrire dans le silence ou en musique, écrire en journée ou la nuit…as-tu des rituels ?

LW : Oui en général j’écris tous les jours entre 9h et 16h. Il m’arrive de reprendre un texte tard le soir lorsque les enfants sont couchés ou très tôt le matin. Je travaille aussi les week-ends en général. J’ai besoin d’écrire tous les jours.
Avant de commencer la rédaction d’une histoire, j’ai un carnet où je couche sur papier le plan, les éléments de l’intrigue et les traits de caractère des différents personnages. Quand je débute l’écriture, je sais exactement où je veux aller ! En revanche, je ne sais pas forcément comment ! C’est la magie de la créativité !
J’écris en silence et je suis plus efficace lorsque je suis dans un café que lorsque je suis chez moi où je suis trop facilement distraite.

LNB : Des projets pour la suite ? Une nouvelle histoire peut être déjà en cours ?

LW : Oui, un troisième roman adulte que je termine. L’histoire se passera à Paris et sera transgénérationnelle, mais je n’en dirai pas plus… Ce sera dans le même genre, un roman qui fait du bien.

LNB : Merci Lena d’avoir répondu à toutes mes questions et de t’être dévoilée en toute sincérité ! Avant de se quitter, nous ferais-tu une petite photo de ta bibliothèque ou de ta pile à lire ?

LW : Bien sûr, voici une partie de ma pal pour cet été ! Je pense que je vais en rajouter…

PAL LENA WALKERRetrouvez l’autrice ici : sans-titrefacebook