« Les sexes électriques » de Mitch

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je recommande

Résumé :

« Bonjour.
Je suis le personnage principal du roman. L’histoire, c’est moi qui la raconte durant tout le livre, alors c’est mieux qu’on fasse connaissance rapidement.
Je suis un homme, j’ai 40 ans, et j’ai pas mal de casseroles qui me suivent. J’ai bien fait comme on m’a dit. Je me suis marié, j’ai eu des enfants, j’ai divorcé et je dois une pension alimentaire à mon ex-femme qui est une sangsue. Du coup, j’ai accepté le premier job qui passait.
Je travaille dans un call center qui vend tout ce qu’il est possible de vendre. Je suis entouré de champions du monde toutes catégories de la loose ultime.
On est une belle bande de quadras avec pas mal d’emmerdes. Mais un évènement inattendu va nous permettre de faire ce qu’on ne pensait pas possible.
Je ne dirais rien de plus sans mon avocat. La suite c’est dedans que tu la trouve. »

Mon avis :

Ce roman est un OVNI. Mais un OVNI dont j’ai beaucoup aimé la plume originale et addictive. Malgré son côté assez loufoque c’est un livre très incisif sur les dérives possibles de notre société actuelle.

Je suis vite entrée dans le contexte du roman : cette vie en call center entre quadra qui ont de vies de loosers, toujours divorcés, souvent fauchés, et forcément désabusés de la vie. Tout un programme! Bien évidemment si vous vous reconnaissez dans cette description, je ne suis pas sûre que ça vous remonte le moral! Quoique…comme nous le montre Mitch, il y a toujours une issue de secours! Quelle qu’elle soit…

Au fur et à mesure des pages, la tension monte et on passe par toutes les émotions du personnage principal : parfois complètement abattu, souvent cynique, puis plein d’espoir et qui emmène avec lui tous ses collègues vers le haut…ou le bas. Tout dépend de ce que l’on veut et peut voir derrière cette ascension.

Bref c’est féroce, piquant et ça fait du bien de lire un roman qui bouscule un peu. Une belle découverte.

Le p’tit Plus :

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Un Acteur, un auteur, un peintre, un réalisateur, un photographe, un professeur, un curieux.

Polymorphe et curieux de nature, il commence son parcours dans les disciplines artistiques dès son plus jeune âge et s’éprouve dans différents domaines. Il laisse de côté son art durant quelques années, et après une libération il recommence à « étudier » l’âme humaine, et reprend ses pinceaux et son stylo pour le plaisir de sa nouvelle compagne, de ses amis et de ses élèves, et surtout de ses lecteurs.

 

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« Evanouies » de Megan Miranda

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pas accroché

Résumé :

Nicolette s’était pourtant juré de ne jamais remettre les pieds à Cooley Ridge, sa ville natale.
Dix ans plus tôt, sa meilleure amie Corinne a disparu, et son corps n’a jamais été retrouvé. Aujourd’hui, Nic doit rentrer chez elle pour s’occuper de son père, atteint d’Alzheimer. Il est persuadé d’avoir vu Corinne. Hallucination ?
Mais Nic n’a pas sitôt posé le pied à Cooley Ridge qu’une nouvelle jeune femme disparaît. Le piège se referme.
Pendant les deux semaines qui vont suivre, en révélant au lecteur son histoire à rebours, depuis le jour 15 jusqu’au jour 1, Nic va affronter ses pires démons. Mais aussi les vérités amères et les secrets d’une ville où personne n’est réellement celui qu’il prétend être.

Mon avis :

J’ai franchement hésité à reposer ce livre… J’ai eu tout d’abord et bizarrement, une belle surprise au début, car je suis entrée dans l’histoire facilement, et puis au bout de quelques chapitres, j’ai ramé sévère!

Moi qui pensais que l’écriture en compte à rebours allait me plaire et bien en fait absolument pas. Je n’ai pas du tout aimé cette façon de remonter le temps et les évènements. Ressenti personnel bien évidemment. La plume est malgré tout agréable à lire mais l’histoire est, pour moi, sans réel intérêt et j’avais déjà pensé à l’issue finale bien avant la fin.

Les caractères des personnages ne m’ont pas happés. Je suis restée froide devant leurs péripéties, leur enquête et leurs remises en question. Bref, j’ai eu l’impression d’être dans « Souviens toi l’été dernier » (les vielles erreurs de jeunesse qui refont surface) mais en bas de gamme, c’est dire…

Ce n’est donc pas un roman qui restera longtemps dans ma mémoire…

 

« Quand le vent caresse mes cheveux » de Sophie Auger

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j'ai adoré

Résumé :

Charlie a tout pour être heureuse : un appartement en plein cœur des beaux quartiers de Paris, un job bien payé, des copains avec qui faire la fête… Pour rien au monde, elle ne voudrait changer de vie. Mais quand elle reçoit la lettre d’un notaire, tout bascule : elle est la seule héritière de la propriété de sa tante. Alors que Charlie pensait avoir tiré un trait sur son passé, elle est contrainte de retourner sur les lieux de son enfance.

Bouleversée par des souvenirs qu’elle avait soigneusement enfouis, la jeune femme ne compte pas rester longtemps. Et pourtant… Le calme et la beauté de l’endroit, l’amitié des gens du coin, la main tenue d’une petit fille au cœur solitaire… et le regard intense de celui qu’elle n’attendait pas vont changer sa vie à tout jamais… Et si Charlie avait enfin compris le sens du mot bonheur ?

Mon avis :

Un vrai roman feel good qui se lit avec bonheur et douceur. On en ressort avec du baume au cœur et quelques brins de paille dans les cheveux. J’avoue que ne connaissais pas Sophie Auger, l’autrice, qui a pourtant déjà écrit de nombreux romans, et je ne suis pas déçue d’avoir découvert sa plume pleine d’humour et de délicatesse.

J’ai aimé l’histoire de Charlie, celle du Clos, et de ses animaux. J’ai douloureusement vécu à travers elle ses doutes, ses peurs, ses souvenirs, et ses angoisses. J’ai ressenti sa fragilité, ses failles mais aussi sa grande force et son immense amour de la vie. Et puis, au fil des pages, on suit son bonheur qui se construit, on sent plus ou moins ce qui va se passer et pourtant je me suis laissée emporter parce que, comme elle, à un moment donné, j’ai lâché prise et j’ai eu envie qu’elle connaisse enfin le bonheur . 

« Charlie tu n’as rien à craindre. Accepte. Accepte ce que la vie te donne. Accepte le changement. Accepte le bonheur. Accepte de ne pas pouvoir tout contrôler. Accepte l’amour. […]Accepte d’y croire. Les seules barrières qui existent sont celles de ton esprit. Libère toi de ça. Je suis là. Je serais toujours là.  » 

Mention spéciale pour Olga, la meilleure amie désopilante et loufoque et Louis le pote d’enfance typiquement campagnard. Tous les personnages secondaires sont bien construits, ils ont tous une personnalité bien à eux, avec chacun, leurs bleus à l’âme, ce qui les rend attendrissants et touchants. Et puis je me suis reconnue dans des thèmes particuliers comme le végétarisme ou Montessori…bref, j’ai aimé!

Et petit message à Alexandre, le beau vétérinaire qui sait si bien parler aux femmes : « Euh t’aurais pas un pote dans ton genre pour moi? »

Merci aux Editions Déliées de m’avoir permis de découvrir cette plume et cette histoire si agréable à lire.

« Trop intelligent pour être heureux? : l’adulte surdoué » de Jeanne Siaud-Facchin

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je recommande

Résumé :

Et si l’extrême intelligence créait une sensibilité exacerbée ? Et si elle pouvait aussi fragiliser et parfois faire souffrir ?

Être surdoué est une richesse. Mais c’est aussi une différence qui peut susciter un sentiment de décalage, une impression de ne jamais être vraiment à sa place.

Comment savoir si on est surdoué ? Comment alors mieux réussir sa vie ? Comment aller au bout de ses ressources ?

Ce livre permet de mieux comprendre et de réapprivoiser sa personnalité. Pour se sentir mieux avec soi et avec les autres, pour se réaliser enfin.

Mon avis :

Alors certes, je ne vais pas vous mentir, il m’a fallu aller au delà du titre que je trouve fort présomptueux, mais en ayant fini le livre « Je pense trop » de Christel Petitcollin en juillet et en m’étant reconnue dans une grande part des exemples abordés, j’avais besoin d’approfondir encore le sujet sur la surefficience et la surdouance.

Ce livre met des mots sur certaines « souffrances » que les adultes (et enfants) dits surdoués peuvent supporter durant des années sans les comprendre : entendez par là se faire des nœuds à la cervelle sans arrêt (anticiper avec des scénarii certaines situations, se poser foultitude de questions sur la vie, son but…) et être hyperesthésique (un développement extrême de leurs perceptions : voir plus de détails, voir les mots en couleurs, suivre plusieurs conversations en même temps, être hypersensible aux sons, odeurs, aux émotions des autres…).

Ce livre donne une définition très juste du terme « surdoué ». J’avoue qu’avant ces lectures, j’avais une idée préconçue du surdoué : pour faire court et très stéréotypé, je m’imaginais un petit binoclar ultra doué en maths complètement associable et parfois arrogant…c’est un peu ce qu’on voit dans les films, non?

Ici, on comprend que, non, être surdoué, ce n’est pas forcément être doté d’une intelligence supérieure mais d’une intelligence différente des autres mais c’est aussi avoir cette hypersensibilité quotidienne qui rend vulnérable. Ils sont plus lucides que les autres et cette lucidité sur le monde peut les rendre malheureux. Sachez que la totalité des surdoués ne s’avoueront jamais qu’ils ont une plus grande intelligence. Seul peut-être percevront-ils leur faculté d’adaptation, de compréhension, qui est plus grande et plus rapide grâce à leur pensée en arborescence, leur facilité à ressentir certaines choses plus intensément que les autres, à être clairvoyants / lucides, mais jamais, oh grand jamais ils ne se penseront plus ou différemment intelligents car, à cause d’un grand manque de confiance en eux, ils se remettent constamment en question.  Certains ont d’ailleurs d’énormes difficultés scolaires et sociales…

L’autrice nous explique que les capacités du cerveau des surdoués peuvent engendrer de nombreuses choses négatives (échec scolaires, exclusion, solitude, ennui…) mais elle donne aussi des clés pour transformer ces facultés en outils permettant de rendre le quotidien plus positif. La grande créativité des surdoués qui est une capacité à trouver des idées neuves et variées, l’autocritique qui permet de se remettre en question et d’avancer peuvent en être des exemples.

A noter que tous les surdoués ne connaissent pas des échecs scolaires, professionnels ou sociaux. Certains (et surtout les filles) réussissent à mener une vie scolaire et professionnelle normale voire brillante en ayant, ce que moi j’appellerais, « le syndrome de la bonne élève ». On attend de moi que je fasse bien, donc je le fais. Chez les femmes, le problème se situe bien souvent dans le côté sentimental. Elles font peur, semblent froides, indépendantes, dominatrices et peu sensibles. Elles sont tout le contraire mais ce masque de protection fonctionne à leurs dépens.

C’est un livre très accessible. Un petit bémol pour l’organisation …on saute souvent du coq à l’âne et parfois il y a une impression de redondance sur certains thèmes. Mais cela reste un livre efficace pour trouver des réponses à nos propres comportements ou ceux de nos proches.

 

 

« Changer l’eau des fleurs » de Valérie Perrin

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coup de coeur

Résumé :

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués passent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par les confidences des visiteurs et la joie des fossoyeurs. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

Mon avis :

Comment vous décrire ce livre si ce n’est vous dire qu’il m’a bouleversé par la pureté des émotions qu’il dégage. Et pourtant ce roman est également plein de tourments, de violence et de sombres évènements. Malgré cela l’autrice réussit le tour de force de nous faire partager les évènements tragiques de la vie de Violette, avec poésie et délicatesse. Oui, le mot délicatesse est ce qui ressort pour moi de cette lecture. Elle y mêle mort et vie, drame et poésie, chagrin et douceur, noirceur et lumière avec brio.

On se prend d’affection pour Violette, notre gardienne de cimetière. Déjà Violette, rien que le prénom est choisi avec tant de justesse…Violette c’est un peu le personnage qu’on a envie de prendre dans ses bras tel un petit poussin, qu’on a envie de consoler devant les coups durs que la vie lui balance dans les ailes. Pourtant, pourtant… c’est un être qui a au fond de lui une telle force de résilience qu’on ne peut que la regarder déployer ses ailes au fur et à mesure de la lecture.

Violette et son cimetière. Deux âmes qui vont se comprendre et se guérir. Violette prend soin de son cimetière et de ses habitants, elle nettoie, plante, sème, fait revivre les souvenirs. Le cimetière voit arriver Violette telle une âme morte mais au fil des années il va devenir son cocon. Ce cimetière, ses murs, ses habitants, son jardin va la faire revivre par des petites choses simples. Emerveillement, pardon, amitié, force, acceptation. Le papillon va renaitre doucement mais sûrement.

Ce livre est une invitation à l’introspection, à la remise en question, à nos choix de vie. Rester écraser par son passé ou y faire face et se relever (et se révéler)?

J’ai beaucoup aimé la façon dont Valérie Perrin a égrainé les évènements de la vie de l’ancienne Violette à travers le roman. Le puzzle se met en place de manière délicate et pudique et la plume en devient addictive.

Un roman sur la résilience. Magnifique.

Interview de Carène Ponte

Après avoir aimé sa plume lors de mes lectures précédentes avec « Un merci de trop » et « Mélissa sac à Gras », j’ai découvert avec plaisir, début juillet, le dernier roman de Carène Ponte, « Avec des si et des peut-être » paru le 24 mai dernier aux Editions Michel Lafon. Aujourd’hui Carène se prête avec humour et bonne humeur au jeu des questions- réponses! Je vous laisse en sa compagnie! 

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Le Nez dans les Bouquins : Bonjour Carène, peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs?

Carène Ponte : Je m’appelle Carène (Eh oui je n’ai pas de pseudo.. En fait parce que je n’y ai pas pensé… 😉 ), je vais avoir 38 ans (la semaine prochaine…). Je suis en couple avec l’homme de ma vie depuis 19 ans (Oh.My.god) et j’ai deux enfants (un garçon de 10 ans et une fille de presque 7 ans). Dans la vie je suis responsable de formation, un métier sérieux et tout et tout.

LNB : Parles nous un peu de ton nouveau roman « Avec des si et des peut-être » paru aux Editions Michel Lafon le 24 mai dernier. D’où t’es venu l’inspiration du thème ? Serais-tu secrètement toi aussi une adepte des « si » et des « peut-être » ?

CP : Alors c’est une question que je me pose souvent en voiture. Pourquoi en voiture ? Bah parce qu’au volant, je réfléchis à des tas de trucs. Je regarde la route aussi, rassurez-vous si jamais vous me croisez !  😉
Depuis des années, je me dis que j’ai envie d’écrire une histoire qui fait évoluer le même sans-titre3.pngpersonnage sur deux lignes différentes, en modifiant un choix de départ. Et voilà, l’année dernière est paru le roman « Quoi qu’il arrive » de Laura Barnett qui, elle, fait évoluer le personnage sur trois histoires différentes. C’est de ma faute, il fallait que je me lance avant! Mais comme le thème ne me quittait pas, j’ai réfléchi pour l’intégrer d’une autre manière que celle à laquelle j’avais pensé.

LNB : Maxine est une protagoniste particulièrement attachante et tous les personnages qui gravitent autour d’elle ont un caractère bien particulier . Comment construis-tu tes personnages ?

CP : Les personnages c’est le travail que je fais en premier. Parce que je trouve que c’est ce qui est le plus important. Si les personnages sont réussis, qu’ils plaisent (ou déplaisent) qu’ils sont attachants (ou agaçants) et bien l’histoire autour sera réussie. Je pars d’une caractéristique principale et ensuite j’écris leur histoire. Ce qu’ils aiment, ce qu’ils n’aiment pas, leurs défauts, leurs qualités. Assez peu leur aspect physique parce que, de toute façon, chaque lecteur s’imagine les personnages différemment.
Pour le personnage de Claudia dans « Avec des si et des peut-être« , j’ai associé mes lecteurs. Je savais que Maxine vivait en colocation, et je savais que je voulais une colocataire un peu barrée. Mais j’ai demandé aux personnes qui me suivent sur ma page FB de me proposer des traits de caractère un peu loufoques. Et parmi les propositions, j’ai retenu le côté bio/écolo très engagé qui me plaisait beaucoup. Et comme la personne qui me l’a proposé s’appelle Claudia et bien j’ai donné son prénom au personnage.

LNB : Tu as ce petit truc en plus qui est de parler directement à tes lecteurs à travers des annotations pleines d’humour en plein milieu de chapitre, est-ce un parti pris d’être si proche du lecteur durant la lecture ?

CP : C’est un vrai parti pris. J’adore écrire ces notes de bas de page qui me font moi-même rigoler. J’ai commencé à écrire sur un blog et la proximité avec le lecteur est très forte quand on utilise ce média. Finalement ces notes de bas de page, cela me permet de conserver cette proximité, cette manière de parler au lecteur au cours de l’histoire. Et toujours par l’humour parce que c’est ce que j’aime et que je suis comme ça dans la vie.

LNB : De l’autoédition à l’édition chez Michel Lafon ? Raconte-nous comment ce rêve s’est transformé en réalité !

sans-titre4.pngCP : Ca me paraît tellement énorme à chaque fois que j’y pense. Et je sais que j’ai beaucoup de chance de vivre cette aventure… « Un merci de trop » est passé du blog, à l’auto-édition puis à Michel Lafon. Tout ça en si peu de temps quand on y réfléchit.
J’ai auto-édité le roman en mars 2015 et j’ai eu lsans-titre.pnga chance qu’il fonctionne vraiment très bien en numérique. Je dis chance parce que malgré tout il y a une part de chance, une part que l’on ne maitrise pas. Et puis un beau jour de septembre 2015, mes agents (de chez Librinova) m’ont appelée pour me dire qu’elles avaient croisé Elsa Lafon lors d’une soirée et qu’elles lui avaient parlé de mon roman. Ma première réaction a été de rire, en mode « genre, vous déconnez là, les filles ! ». Puis ensuite je me suis dit que de toute façon Elsa allait détester, qu’elle allait trouver que le texte était tout pourri… Et puis un mois plus tard, finalement elle n’avait pas trouvé ça tout pourri, et même qu’elle voulait me rencontrer pour envisager une publication.
Je l’ai rencontrée le 4 novembre (je me souviendrais à vie de cette date et de ce moment), j’ai signé le contrat début décembre et c’était parti.

LNB : Carène, parlons un peu de toi, d’où te vient cette envie d’écrire ? Quand t’es-tu dis que c’était LE moment de partager les histoires qui sommeillaient en toi ?

CP : J’ai envie d’écrire depuis que je suis toute petite. Depuis que je lis des romans en fait. Ce sont les auteurs que je lisais qui m’ont donné envie de faire comme eux, de moi aussi faire ressentir des émotions. Mais pour ça, je me disais qu’il fallait du talent, qu’il fallait avoir de l’imagination. Et moi, je n’avais ni l’un, ni l’autre. Alors j’ai continué à lire beaucoup et j’ai enfoui le rêve d’écriture. Et puis en 2013, j’ai découvert l’existence des blogs (oui 1000 ans après tout le monde) et je me suis dit que c’était sympa de faire ça, et que peut-être je saurais faire. Je me suis lancée, j’ai pris confiance et ça a été le déclic qui me manquait. Ca a déverrouillé quelque chose.

LNB : Est-ce que tu lis beaucoup et si oui, quelles sont tes inspirations littéraires ?

CP : Oui je lis énormément !!! De tout sauf les livres qui font peur (parce que je suis une grande trouillarde). Je lis bien sur du feel good, de la littérature contemporaine, de la jeunesse, des thrillers. J’ai un penchant pour les sagas familiales.sans-titre8.png

LNB : Certains auteurs ou autrices ont des méthodes d’écriture particulières comme suivre un schéma précis, annoter ses idées dans un carnet, écrire dans le silence ou en musique, écrire en journée ou la nuit…as-tu des rituels ?

CP : Alors je commence par écrire dans un carnet : les personnages, les idées de scènes, le chapitrage… J’aime la papeterie à la folie alors j’en profite ! J’ai des tas de carnets en stock et j’achète des tas de stylos régulièrement. J’ai donc un plan de mon histoire, dans les grandes lignes. Ensuite, j’écris sur l’ordinateur, je suis ma ligne directrice et parfois les personnages n’en font qu’à leur tête et je m’en éloigne. Mais savoir que j’ai une ligne me permet cette liberté car je sais où je dois retomber si à un moment je commence à m’éloigner.
J’écris dans le silence pour la simple raison que quand il y a de la musique, je ne peux pas m’empêcher de chanter ! Et c’est moyen pour la concentration.. Besoiiiiiiiin de rien envie de toiiiiiiii lalalalalalalaa.

LNB : Allez rien que pour nous, raconte nous ton pire et ton meilleur souvenir lors de dédicaces ?

CP : Je ne dirais pas que j’ai un pire souvenir, parce qu’il n’y a jamais rien eu de désagréable. Mais il y a des moments d’intense solitude quand tu es assis derrière ta table et que personne ne s’arrête. Ou qu’on te demande si tu sais où se trouvent les cartes postales ! Une fois un type s’est arrêté, a pris mon bouquin, l’a feuilleté, m’a posé images5G0D3X7I.jpgdes tas de questions sur l’histoire, les personnages etc… Pour finalement me dire « nan mais de toute façon moi je n’aime pas lire »… Mouahahahahahah !

Par contre, des souvenirs émouvants il y en a tellement !!! J’en citerai deux : une fois une jeune fille qui devait avoir 15 ans s’est arrêtée toute timide devant moi pour me dire qu’elle rêvait d’écrire et elle était tellement émue de me parler qu’elle s’est mise à pleurer en me parlant de ses rêves. J’étais toute retournée. Et le deuxième, c’était au salon du livre de Limoges, un couple s’arrête et le mari genre rugbyman barbu prend l’un de mes romans (« Un merci de trop« ) et me dit « Ah j’ai tellement aimé votre roman !! je n’arrête pas de dire à ma femme qu’il faut qu’elle le lise !». Et il n’avait tellement pas le « profil » de mes lectrices que je vais m’en souvenir encore longtemps. D’ailleurs, il a acheté le suivant.

LNB : Des projets pour la suite ? Une nouvelle histoire peut-être déjà en cours ?

Alors, mon premier roman jeunesse sort le 15 novembre, chez Michel Lafon toujours (en version poche). Il traite du harcèlement scolaire. C’est un roman que j’ai auto-édité également en novembre 2016 et que j’ai entièrement retravaillé pour la sortie papier. Ce roman est particulier pour moi parce que j’ai repris quelques scènes que j’ai personnellement vécues pour assoir la sincérité de l’histoire.
Et sinon, je suis d’ores et déjà sur l’écriture du roman pour 2019. Hier j’ai franchi la barre des 20 000 mots écrits. Et il se pourrait qu’il y ait une surprise pour 2019 et un 2ème roman en cours d’année mais patiiiiiiience !

LNB : Merci Carène d’avoir répondu à toutes mes questions et de t’être dévoilée en toute sincérité ! Avant de se quitter, nous ferais-tu une petite photo de ta bibliothèque ou de ta pile à lire ?

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« Surtensions » d’Olivier Norek

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coup de coeur

Résumé :

Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu’on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels – un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur – se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?

Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance…

Pour cette nouvelle enquête du capitaine Coste, Olivier Norek pousse ses personnages jusqu’à leur point de rupture. Et lorsqu’on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.

Mon avis :

Encore du grand Norek ! J’ai retrouvé avec délice le capitaine Victor Coste et son équipe du SDPJ 93.

Dès le départ, le roman commence sur les chapeaux de roues avec une affaire d’enlèvement et d’homicide dans le 93. Puis on embarque au cœur de la prison de Marveil (prison fictive mais dont tous les faits narrés sont issus de faits réels) où l’on assiste, impuissant, à une jungle carcérale sans foi ni loi. Enfin, l’auteur nous invite au cœur d’une famille de la mafia corse, d’une tentative d’évasion et de vol de scellés en plein tribunal.  Pas de lien me direz-vous? Détrompez-vous, si au début on ne saisit pas tous les tenants et les aboutissants, l’auteur signe avec « Surtentions » un polar hautement ficelé et encore plus réussi que les deux premiers romans de la série, « Code 93 » et « Territoires« .

Les personnages que l’on retrouve comme le Capitaine Coste, Ronan, Sam, Joanna et Léa restent fidèles à eux-mêmes avec leurs failles, leur humour et leurs vannes décapantes, leurs peurs et leurs espoirs. Une équipe comme une véritable famille soudée, présents les uns pour les autres, pour supporter les pires horreurs. Ce que j’aime avec les romans d’Olivier Norek c’est que chaque personnage tient une vraie place dans le roman. Ils ont là, entiers. Pas de construction manichéenne du bon et du méchant non plus. Le bon a ses démons, ses noirceurs et le méchant peut aussi avoir une part d’humanité qui le rend attachant. J’en suis même venu à me dire que la méchante avait raison de tuer à un moment donné dans le livre.

Comme pour les deux premiers opus, on retrouve la patte du professionnel. On sent le flic qui a bossé 17 ans à la police judiciaire du 93. Les procédures sont détaillées, on comprend mieux les rouages du système, ses failles aussi. Ce n’est pas un simple polar, ça sent le témoignage à plein nez et c’est ça qui est bon…La plume d’Olivier Norek est toujours aussi addictive. Je l’ai découvert avec « Entre Deux Mondes » qui restera gravé longtemps en moi et depuis je ne suis jamais déçue par mes lectures. Ce sont des romans dont on ne peut pas se détacher une fois dans nos mains.

« Surtensions » surprend, jusqu’à son coup de théâtre final. Violent. Je suis restée sciée en pensant que ce n’était pas possible. Et puis je me suis dit que c’était finalement une idée géniale qui allait ouvrir plein d’autres perspectives pour la suite des aventures de Coste. ca va être long d’attendre le prochain car quand on quitte Coste et son équipe on se sent un peu orphelin…on quitte une famille quoi…

Merci Olivier Norek pour les émotions que vous me donnez à chaque page!

Le p’tit plus :

OLIVIER NOREK, lieutenant de police à la section enquêtes de recherches du SDPJ 93 depuis dix-sept ans, auteur de Code 93, Territoires et Surtensions, trois polars largement salués par la critique et le public. Surtensions a remporté Le Prix Le Point du polar européen en 2016.

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