Interview

Les confidences de Carène Ponte

Après avoir aimé sa plume lors de mes lectures précédentes avec « Un merci de trop » et « Mélissa sac à Gras », j’ai découvert avec plaisir, début juillet, le dernier roman de Carène Ponte, « Avec des si et des peut-être » paru le 24 mai dernier aux Editions Michel Lafon. Aujourd’hui Carène se prête avec humour et bonne humeur au jeu des questions- réponses! Je vous laisse en sa compagnie! 

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Le Nez dans les Bouquins : Bonjour Carène, peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs?

Carène Ponte : Je m’appelle Carène (Eh oui je n’ai pas de pseudo.. En fait parce que je n’y ai pas pensé… 😉 ), je vais avoir 38 ans (la semaine prochaine…). Je suis en couple avec l’homme de ma vie depuis 19 ans (Oh.My.god) et j’ai deux enfants (un garçon de 10 ans et une fille de presque 7 ans). Dans la vie je suis responsable de formation, un métier sérieux et tout et tout.

LNB : Parles nous un peu de ton nouveau roman « Avec des si et des peut-être » paru aux Editions Michel Lafon le 24 mai dernier. D’où t’es venu l’inspiration du thème ? Serais-tu secrètement toi aussi une adepte des « si » et des « peut-être » ?

CP : Alors c’est une question que je me pose souvent en voiture. Pourquoi en voiture ? Bah parce qu’au volant, je réfléchis à des tas de trucs. Je regarde la route aussi, rassurez-vous si jamais vous me croisez !  😉
Depuis des années, je me dis que j’ai envie d’écrire une histoire qui fait évoluer le même sans-titre3.pngpersonnage sur deux lignes différentes, en modifiant un choix de départ. Et voilà, l’année dernière est paru le roman « Quoi qu’il arrive » de Laura Barnett qui, elle, fait évoluer le personnage sur trois histoires différentes. C’est de ma faute, il fallait que je me lance avant! Mais comme le thème ne me quittait pas, j’ai réfléchi pour l’intégrer d’une autre manière que celle à laquelle j’avais pensé.

LNB : Maxine est une protagoniste particulièrement attachante et tous les personnages qui gravitent autour d’elle ont un caractère bien particulier . Comment construis-tu tes personnages ?

CP : Les personnages c’est le travail que je fais en premier. Parce que je trouve que c’est ce qui est le plus important. Si les personnages sont réussis, qu’ils plaisent (ou déplaisent) qu’ils sont attachants (ou agaçants) et bien l’histoire autour sera réussie. Je pars d’une caractéristique principale et ensuite j’écris leur histoire. Ce qu’ils aiment, ce qu’ils n’aiment pas, leurs défauts, leurs qualités. Assez peu leur aspect physique parce que, de toute façon, chaque lecteur s’imagine les personnages différemment.
Pour le personnage de Claudia dans « Avec des si et des peut-être« , j’ai associé mes lecteurs. Je savais que Maxine vivait en colocation, et je savais que je voulais une colocataire un peu barrée. Mais j’ai demandé aux personnes qui me suivent sur ma page FB de me proposer des traits de caractère un peu loufoques. Et parmi les propositions, j’ai retenu le côté bio/écolo très engagé qui me plaisait beaucoup. Et comme la personne qui me l’a proposé s’appelle Claudia et bien j’ai donné son prénom au personnage.

LNB : Tu as ce petit truc en plus qui est de parler directement à tes lecteurs à travers des annotations pleines d’humour en plein milieu de chapitre, est-ce un parti pris d’être si proche du lecteur durant la lecture ?

CP : C’est un vrai parti pris. J’adore écrire ces notes de bas de page qui me font moi-même rigoler. J’ai commencé à écrire sur un blog et la proximité avec le lecteur est très forte quand on utilise ce média. Finalement ces notes de bas de page, cela me permet de conserver cette proximité, cette manière de parler au lecteur au cours de l’histoire. Et toujours par l’humour parce que c’est ce que j’aime et que je suis comme ça dans la vie.

LNB : De l’autoédition à l’édition chez Michel Lafon ? Raconte-nous comment ce rêve s’est transformé en réalité !

sans-titre4.pngCP : Ca me paraît tellement énorme à chaque fois que j’y pense. Et je sais que j’ai beaucoup de chance de vivre cette aventure… « Un merci de trop » est passé du blog, à l’auto-édition puis à Michel Lafon. Tout ça en si peu de temps quand on y réfléchit.
J’ai auto-édité le roman en mars 2015 et j’ai eu lsans-titre.pnga chance qu’il fonctionne vraiment très bien en numérique. Je dis chance parce que malgré tout il y a une part de chance, une part que l’on ne maitrise pas. Et puis un beau jour de septembre 2015, mes agents (de chez Librinova) m’ont appelée pour me dire qu’elles avaient croisé Elsa Lafon lors d’une soirée et qu’elles lui avaient parlé de mon roman. Ma première réaction a été de rire, en mode « genre, vous déconnez là, les filles ! ». Puis ensuite je me suis dit que de toute façon Elsa allait détester, qu’elle allait trouver que le texte était tout pourri… Et puis un mois plus tard, finalement elle n’avait pas trouvé ça tout pourri, et même qu’elle voulait me rencontrer pour envisager une publication.
Je l’ai rencontrée le 4 novembre (je me souviendrais à vie de cette date et de ce moment), j’ai signé le contrat début décembre et c’était parti.

LNB : Carène, parlons un peu de toi, d’où te vient cette envie d’écrire ? Quand t’es-tu dis que c’était LE moment de partager les histoires qui sommeillaient en toi ?

CP : J’ai envie d’écrire depuis que je suis toute petite. Depuis que je lis des romans en fait. Ce sont les auteurs que je lisais qui m’ont donné envie de faire comme eux, de moi aussi faire ressentir des émotions. Mais pour ça, je me disais qu’il fallait du talent, qu’il fallait avoir de l’imagination. Et moi, je n’avais ni l’un, ni l’autre. Alors j’ai continué à lire beaucoup et j’ai enfoui le rêve d’écriture. Et puis en 2013, j’ai découvert l’existence des blogs (oui 1000 ans après tout le monde) et je me suis dit que c’était sympa de faire ça, et que peut-être je saurais faire. Je me suis lancée, j’ai pris confiance et ça a été le déclic qui me manquait. Ca a déverrouillé quelque chose.

LNB : Est-ce que tu lis beaucoup et si oui, quelles sont tes inspirations littéraires ?

CP : Oui je lis énormément !!! De tout sauf les livres qui font peur (parce que je suis une grande trouillarde). Je lis bien sur du feel good, de la littérature contemporaine, de la jeunesse, des thrillers. J’ai un penchant pour les sagas familiales.sans-titre8.png

LNB : Certains auteurs ou autrices ont des méthodes d’écriture particulières comme suivre un schéma précis, annoter ses idées dans un carnet, écrire dans le silence ou en musique, écrire en journée ou la nuit…as-tu des rituels ?

CP : Alors je commence par écrire dans un carnet : les personnages, les idées de scènes, le chapitrage… J’aime la papeterie à la folie alors j’en profite ! J’ai des tas de carnets en stock et j’achète des tas de stylos régulièrement. J’ai donc un plan de mon histoire, dans les grandes lignes. Ensuite, j’écris sur l’ordinateur, je suis ma ligne directrice et parfois les personnages n’en font qu’à leur tête et je m’en éloigne. Mais savoir que j’ai une ligne me permet cette liberté car je sais où je dois retomber si à un moment je commence à m’éloigner.
J’écris dans le silence pour la simple raison que quand il y a de la musique, je ne peux pas m’empêcher de chanter ! Et c’est moyen pour la concentration.. Besoiiiiiiiin de rien envie de toiiiiiiii lalalalalalalaa.

LNB : Allez rien que pour nous, raconte nous ton pire et ton meilleur souvenir lors de dédicaces ?

CP : Je ne dirais pas que j’ai un pire souvenir, parce qu’il n’y a jamais rien eu de désagréable. Mais il y a des moments d’intense solitude quand tu es assis derrière ta table et que personne ne s’arrête. Ou qu’on te demande si tu sais où se trouvent les cartes postales ! Une fois un type s’est arrêté, a pris mon bouquin, l’a feuilleté, m’a posé images5G0D3X7I.jpgdes tas de questions sur l’histoire, les personnages etc… Pour finalement me dire « nan mais de toute façon moi je n’aime pas lire »… Mouahahahahahah !

Par contre, des souvenirs émouvants il y en a tellement !!! J’en citerai deux : une fois une jeune fille qui devait avoir 15 ans s’est arrêtée toute timide devant moi pour me dire qu’elle rêvait d’écrire et elle était tellement émue de me parler qu’elle s’est mise à pleurer en me parlant de ses rêves. J’étais toute retournée. Et le deuxième, c’était au salon du livre de Limoges, un couple s’arrête et le mari genre rugbyman barbu prend l’un de mes romans (« Un merci de trop« ) et me dit « Ah j’ai tellement aimé votre roman !! je n’arrête pas de dire à ma femme qu’il faut qu’elle le lise !». Et il n’avait tellement pas le « profil » de mes lectrices que je vais m’en souvenir encore longtemps. D’ailleurs, il a acheté le suivant.

LNB : Des projets pour la suite ? Une nouvelle histoire peut-être déjà en cours ?

Alors, mon premier roman jeunesse sort le 15 novembre, chez Michel Lafon toujours (en version poche). Il traite du harcèlement scolaire. C’est un roman que j’ai auto-édité également en novembre 2016 et que j’ai entièrement retravaillé pour la sortie papier. Ce roman est particulier pour moi parce que j’ai repris quelques scènes que j’ai personnellement vécues pour assoir la sincérité de l’histoire.
Et sinon, je suis d’ores et déjà sur l’écriture du roman pour 2019. Hier j’ai franchi la barre des 20 000 mots écrits. Et il se pourrait qu’il y ait une surprise pour 2019 et un 2ème roman en cours d’année mais patiiiiiiience !

LNB : Merci Carène d’avoir répondu à toutes mes questions et de t’être dévoilée en toute sincérité ! Avant de se quitter, nous ferais-tu une petite photo de ta bibliothèque ou de ta pile à lire ?

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