Interview

Les confidences de Clarisse Sabard

Il y a quelques jours, je découvrais le 4ème roman de Clarisse Sabard, « La vie est belle et drôle à la fois », une comédie familiale pétillante et idéale à lire pour la période de Noël.

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Clarisse a eu l’immense gentillesse de bien vouloir répondre à mes nombreuses questions…Prenez un thé et quelques cookies et c’est parti pour les confidences !

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Bonjour Clarisse, peux-tu te présenter ensans-titre quelques mots ?

Bonjour Amélie! Je suis une berrichonne qui vit à Nice, avec des attaches en Bretagne (tout le monde suit?), maman d’un petit garçon, passionnée de lecture, d’Histoire et de balades. Et j’ai la chance d’exercer le plus beau métier du monde: romancière.

Avec « La vie est belle et drôle à la fois » tu signes déjà ton 4ème roman en 3 ans. D’où te vient cette frénésie d’écriture ? Les idées s’imposent-elles facilement à toi ?

51GaVyZvr4L._SX195_.jpgDu plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé cette idée d’écrire des histoires tout droit sorties de mon imagination. Je ne saurai même pas dire d’où me viennent toutes ces idées, car en effet elles s’imposent à moi. J’ai une vie onirique très riche, tout peut partir d’un rêve que je vais transformer en départ de roman, des balades que j’aime faire ou de visages que je croise… Mais tu as raison, il y a une certaine « urgence » dans ma façon de travailler; une fois que le roman est dans ma tête, j’ai un besoin viscéral de l’écrire, sans quoi les personnages ont tendance à trop s’incruster dans la vie réelle pour se rappeler à moi (#JeNeSuisPasFolleVousSavez )

Pourquoi avoir choisi de situer cette comédie familiale durant la période de Noël ? Est-ce une période de l’année que tu affectionnes particulièrement ou es-tu comme Léa, ton personnage principal, qui fait une allergie dès qu’elle croise un sapin ou une guirlande?

J’adore Noël! J’aurais même tendance à êtrimagesIWSI5ADI.jpge comme la mère de Léna, qui décore les moindres recoins de sa maison. Durant cette période, je cuisine des douceurs de saison, je m’amuse avec les décorations, je prends plaisir à emballer des cadeaux soigneusement choisis… et je file même regarder des photos d’Instagrameurs Américains, puisqu’aux USA les gens jouent le jeu à fond. C’est aussi un choix de ma part de préserver la magie de cette période, puisque mon grand-père est décédé accidentellement quelques jours avant Noël, quand j’étais petite. Le fait de savoir que tout peut s’arrêter d’un instant à l’autre me donne envie d’en profiter deux fois plus.

Léa, Violette ou Mamie Jacotte ont des caractères bien trempés. Comment construis-tu tes personnages ? Tes proches t’inspirent-ils par exemple?

La construction des personnages est un processus complexe. Finalement, c’est un peu comme l’inspiration, « ça » s’impose à moi. J’observe beaucoup ce qui se passe autour de moi, je suis attentive à chaque rencontre que je fais, je note les détails, les phrases que j’entends… Par exemple, le personnage de Violette est né après quinze jours de vacances passés avec une petite-cousine âgée de 15 ans. J’ai également une certaine affection pour les personnes âgées, que l’on retrouve d’ailleurs dans chacun de mes romans. Ma grand-mère m’inspire beaucoup par son parcours et son regard sur la vie. J’ai grandi entourée de femmes au caractère bien trempé, je pense que ça se ressent aussi dans ma façon d’aborder la psychologie de mes personnages féminins 🙂

images3RKBGC27.jpgDepuis « Les lettres de Rose », en passant par « La Plage de la Mariée », « Le Jardin Oublié » et enfin « La Vie est belle et drôle à la fois », tu entraines ton lecteur à travers les secrets de famille. Tes personnages essayent de trouver la paix en allant chercher la vérité et en fouillant dans leur passé. Pourquoi ce thème est-il récurrent dans tes romans ? Tu as un intérêt particulier pour la psychogénéalogie ?51w7+heUJML._SX321_BO1,204,203,200_.jpg

Ce thème de la psychogénéalogie me fascine depuis un long moment. Je sais pourquoi mais cela fait partie du domaine personnel. J’ai toujours été attirée par les secrets de famille, les greniers pleins de vieux albums photos, de lettres anciennes, imaginer le quotidien des gens dans 913QBnFdmQL.jpgle passé… Les petites histoires dans la grande Histoire. Pour moi, il est donc très naturel d’écrire sur le sujet, je ne me vois pas faire autrement.

 

Clarisse, parlons un peu de toi, quand t’es-tu dis que c’était le moment de partager les histoires qui sommeillaient en toi ?

L’envie a toujours été sous-jacente, mais jusqu’à l’écriture des Lettres de Rose, je me retranchais derrière le travail, le quotidien, etc. Et puis, sans aucune alerte préalable,  j’ai eu un AVC hémorragique. C’est arrivé comme ça, en l’espace de cinq minutes: je discutais avec mon compagnon et d’un coup, je sens ma tête « exploser » et plus rien. J’ai dû suivre des années de rééducation et durant cette période, je ne pouvais plus travailler. L’inactivité, c’est le drame absolu pour moi! Alors j’ai eu le déclic : le moment était peut-être arrivé de me lancer dans l’écriture. J’avais fait un rêve qui a donné naissance au prologue des Lettres de Rose et tout est parti de là.

Certains auteurs ou autrices ont des méthodes d’écriture particulières comme suivre un schéma précis, annoter leurs idées dans un carnet, écrire dans le silence ou en musique, en journée ou la nuit…as-tu des rituels ?

J’ai des rituels oui, mais ils sont très simples: avant de me lancer dans l’écriture, je lis beaucoup de choses pour me mettre dans sans-titre6.pngle contexte du roman, je visionne aussi des films, je me documente. J’évoque beaucoup le passé alors j’essaie de coller au plus près de la réalité historique. J’ai besoin d’avoir aussi mon point de départ et la fin. Pour le reste, j’essaie de noter une chronologie des événements et tout le temps, dans mon carnet de notes ou mon téléphone, je note des phrases que j’ai envie d’écrire dans ce roman, des scènes, etc. J’écris la journée, quand mon fils est à l’école et en silence. La musique me distrait et me donne envie de danser 🙂

Je sais que tu lis aussi beaucoup, quelles sont tes inspirations littéraires ?

Mes goûts sont trèsimages0WGWX3ZK.jpg variés! J’aime autant les romans feel-good que les thrillers ou Stephen King. Bon, on peut pas dire que ce dernier m’inspire, heureusement pour mes personnages *rires* Parmi les auteurs qui m’influencent, je peux te citer pêle-mêle: Fannie Flagg, Douglas Kennedy, Gilles Legardinier, Laurence Peyrin, George Sand, Kate Morton, Lucinda Riley, Debbie Macomber, Kristan Higgins… mais aussi tous les romans américains qui évoquent les injustices sociales, la ségrégation, l’évolution des USA  vue à travers des vies quotidiennes.

Allez rien que pour nous, raconte nous ton pire et ton meilleur souvenir de dédicaces ?

Ha ha, j’aime beaucoup ces instants où je pars à la rencontre de mes lecteurs! Les salons nous réservent toujours des surprises. Parmi le pire : des personnes qui pensent que parce qu’on est auteur on  va forcément avoir une file d’attente à la Guillaume Musso et qui nous font part à voix haute de leur « pitié » parce que ce n’est pas le cas. J’ai aussi eu un homme qui a acheté « Les Lettres de Rose » et m’a ensuite harcelé de messages, persuadé qu’il m’avait tapé dans l’œil parce que je lui ai souri en parlant. Les risques du métier !

Les meilleurs souvenirs sont bien plus nombreuxIMG_20180421_215701.jpg, heureusement: il y a ces rencontres avec d’autres auteurs et les amitiés qui en découlent. Toutes ces personnes qui viennent découvrir mes livres ou me remercier pour ce que mes romans leur ont apportés, c’est toujours très émouvant et enrichissant pour moi, d’autant plus que mon lectorat est très diversifié: toutes les générations me lisent, de 12 à 95 ans et de plus en plus d’hommes se laissent tenter quand je leur explique que non, mes romans ne sont pas de « la littérature pour gonzesses »… et ils aiment!.

Souvenir du salon de Châteauroux – Avril 2018

Quels sont tes projets pour la suite? Mon petit doigt m’a dit qu’un nouveau roman allait bientôt voir le jour…

Et oui, je peux l’annoncer, mon prochain roman, « Ceux qui voulaient voir la mer », paraîtra le 19 mars. C’est un roman qui me tient énormément à cœur et que j’ai hâte de vous présenter. Et bien sûr, j’ai déjà repris le chemin de l’écriture 🙂

C’est un petit rituel ici désormais : Une petite photo de ta bibliothèque ou de ta pile à lire ?

Voici trois photos de quelques une de mes bibliothèques.
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Ah oui quand même, sacrée bibliothèque ! Clarisse, merci d’avoir répondu avec autant de bienveillance et d’enthousiasme à mes questions. On attend avec impatience la sortie de ton nouveau roman !

17 commentaires sur “Les confidences de Clarisse Sabard

  1. Merci d’avoir partagé cette interview. J’adore les écrits de Clarisse Sabard. Le fait d’en connaître plus sur son chemin me donne plus de clés pour comprendre d’où lui vient ses inspirations pour ces romans. C’était très intéressant. Des bisous 😊

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