Drame·Fantastique, Dystopie, SF

« La peste écarlate » de Jack London

Résumé :

Un vieillard déambule dans la baie de San Francisco en compagnie de ses petits-enfants. Vêtus de peaux de bêtes, ils chassent pour se nourrir, se réchauffent autour du feu et se protègent des ours ou des loups grâce à l’arc et à la fronde. Nous sommes en 2073. Il y a soixante ans, une terrifiante maladie, la Peste Écarlate, a ravagé l’humanité. Les rares survivants, retournés à l’état de nature, se sont réunis en tribus sans passé ni culture. Le grand-père, ancien professeur, se souvient du monde d’avant l’épidémie : mais comment le raconter à Edwin, Hou-Hou et Bec-de-Lièvre, ces petits sauvages qui ne savent ni lire ni compter?

Mon avis :

Depuis quelques mois, j’ai l’impression de vivre dans une dystopie. Autant je prends plaisir à me fondre parfois dans ce genre de lecture d’anticipation sombre, autant le vivre dans la réalité me fait moins marrer…espérons que nous n’arriverons pas à de tels extrêmes…Dans « la Peste écarlate », Jack London, qui a écrit son manuscrit en 1914, se projette en 2073.

La Terre est anéantie. Les hommes ont quasiment tous disparus, fauchés il y a une soixantaine d’années par une bactérie foudroyante qui fait mourir dans d’atroces souffrances et en paralysant petit à petit chaque fonction vitale. La nature a repris ses droits, les animaux sauvages règnent en maître. L’homme est devenu humble face à ce qu’il ne maitrise plus. Il a réappris à se nourrir en chassant, à se défendre contre l’extérieur devenu hostile. Le pouvoir des riches a fait place au pouvoir du plus robuste, de celui qui ne baisse jamais les bras. Cela ne veut pas dire que les meilleurs restent. Les opprimés d’hier peuvent devenir les puissants d’aujourd’hui avec un goût de vengeance parfois impitoyable. Et la sélection naturelle se fait. Parfois injuste. Terriblement injuste.

Un vieillard se rappelle et conte ses souvenirs à ses petits enfants qui ne savent ni compter, lire ou écrire. Il raconte l’abondance de nourriture, la surpopulation, le pouvoir des très riches, les animaux que l’on parque, le confort, les réseaux de communication… Il pleure sur son passé perdu, lui, ancien professeur d’université qui au fil de ses 60 années d’errance, a réussi à collecter des livres pour les mettre à l’abri et éveiller la future génération au savoir. Car l’humanité doit tout recommencer, tout réapprendre et renaitre de ses cendres.

Ce livre, très court (120 pages) montre que l’Histoire est un éternel recommencement. Qu’il y a fort à parier que l’Homme refera assurément les mêmes erreurs et que son arrogance, qui l’a déjà mené à sa perte quasi absolue, ne lui permettra pas de voir de nouveau les signaux d’alerte mais qu’il avance grâce à l’éducation et la connaissance. C’est cela qui sauve de la violence et de l’obscurantisme.

Le rythme saccadé et le style brut peuvent surprendre et cette nouvelle d’anticipation laisse un goût mêlant habilement amertume et espoir. Drôle de mélange…il n’empêche que j’ai adoré.

4 commentaires sur “« La peste écarlate » de Jack London

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