Bande-Dessinées

« Les petites distances » de Véronique Cazot et Camille Benyamina

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oui mais

Résumé :

Je suis là.
Je suis Max.
On vit ensemble depuis deux semaines.
Enfin c’est surtout moi qui vis chez toi, mais je crois que je ne te dérange pas.
Tu ne m’entends vraiment pas?

Mon avis :

Max est invisible. Qu’on s’entende bien : il est bien là, comme vous et moi, mais c’est le genre de gars dont on ne se souvient pas. Vous savez, le mec qui ne laisse pas d’empreinte, pas de souvenir et dont on ne retient même pas le prénom ! Moi, c’est ce que j’appelle les gens « beiges », d’une banalité telle qu’ils se fondent dans le décor quoi !… Petit à petit, le manque d’interaction, l’indifférence des autres, la solitude finissent par rendre Max complètement transparent au sens propre du terme. Il devient une entité errante dont plus personne ne se soucie, simple observateur de la vie des autres.

Elle, c’est Léonie. Une magnifique rousse qui enchaîne les relations éphémères, et qui vit à travers ses peurs et ses démons qui la hantent. C’est une beauté volcanique mais désemparée et vulnérable qui va accueillir sans le vouloir un nouveau fantôme chez elle : Max. Et paradoxalement, c’est là que Max prend toute sa consistance. Au côté de Léonie, qui ne le voit pas, mais est sensible aux présences, il prend vie, s’anime, s’enflamme parfois. Et elle, comment réagira-t-elle avec ce spectre à ses côtés ?

Ainsi commence cette comédie romantique et complètement surréaliste. J’ai aimé ces connexions entre le monde visible et invisible que l’autrice fait subtilement. Les thèmes tels que la solitude, la sexualité, les angoisses, le manque d’amour ou de lien sont abordés avec beaucoup de douceur, de poésie et de mélancolie. Seul bémol : la fin qui n’a pas été au rendez-vous pour moi. Je me demandais depuis le début comment le scénario allait évoluer et comment l’autrice allait pouvoir se dépatouiller de cette idée originale qui flirte avec le fantastique. Malheureusement, je n’ai pas été séduite par cette fin que j’ai trouvée un peu bâclée.

Et les dessins ? On en parle ? Les femmes et Léonie en particulier sont admirablement croquées par Camille Benyamina. Certaines planches sont juste sublimes. Le rendu aquarelle donne une profondeur et amplifie le côté mélancolique du roman graphique. Elle réussit aussi le tour de force de rendre le personnage de Max diaphane au fur et à mesure de la lecture. Et ça fonctionne vraiment bien. C’est un vrai coup de cœur pour le graphisme et l’univers de la dessinatrice.

Petit conseil : à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes, les scènes de sexes sont très sensuelles et vraiment explicites pour certaines 😉

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2 commentaires sur “« Les petites distances » de Véronique Cazot et Camille Benyamina

  1. Voilà une lecture intriguante et originale, je pense me laisser tenter 🙂 Merci pour cet article qui m’a donné envie !

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