Contemporain·Historique

« Le crocus jaune » de Laila Ibrahimi

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Résumé :

À sa naissance, Lisbeth est enlevée à sa mère pour être confiée à Mattie, une esclave, qui se voit contrainte de se séparer de son propre bébé pour devenir la nourrice de l’enfant.
Lisbeth vient d’un monde fait de privilèges et ne comprend pas sa mère, si distante et abattue, ni son père, propriétaire d’esclaves. En grandissant, elle va construire avec Mattie une relation intense, qui va influencer leurs
vies pendant des décennies. Mais un tel lien entre deux personnes que tout sépare est-il vraiment sans conséquence ?

Mon avis :

J’ai dévoré ce roman qui nous embarque dans l’État de Virginie où les esclavagistes commencent à faire pâle figure devant la montée de l’abolitionnisme. S’ils restent sur leurs positions en s’assurant que, sans eux, les nègres ne seraient rien, une nouvelle ère pointe le bout de son nez. C’est dans ce contexte pré-guerre de Sécession que Lisbeth voit le jour. Laissée aux bons soins de Mattie, esclave noire du grand domaine de Fair Oaks, elle va créer un lien indéfectible avec cette nourrice qui a été arrachée à son nourrisson de 3 mois qui vit dans la plantation avec le reste de sa famille.

Mattie doit veiller l’enfant d’une autre alors que son cœur saigne d’avoir laissé le sien. Mais pas de rébellion possible. Elle est esclave. Elle est une chose qui a été achetée, sans sentiment, sans attachement. Elle doit obéir aveuglément. Anéantie, elle finit par s’attacher à cet fillette blanche. Cette enfant qui ne voit pas sa couleur à travers ses grands yeux bleus innocents et qui l’aime plus que sa mère.

A travers l’enfance et l’adolescence de Lisbeth on comprend les codes de la riche société esclavagiste. On la voit s’éveiller au monde et y voir sa laideur. Elle se perdra à travers les codes, la bienséance, les rôles à jouer. En parallèle, on suit Mattie et son désir de liberté. Son combat pour son fils et la vie qu’elle souhaite.

C’est un roman sur deux mondes que tout sépare mais dont l’unique fil qui les relie, l’amour, sauve tout. C’est un roman sur deux femmes fortes, chacune à leur manière mais qui finiront par écouter une seule musique : celle de leur cœur.

L’écriture est fluide, addictive, les chapitres sont courts ce qui rend la lecture rapide. J’ai vécu une journée entière dans le monde d' »Autant en emporte le vent », ce film que j’ai tant regardé adolescente. Certes j’aurais aimé que les scènes soient parfois plus décrites, les rebondissements plus nombreux, les personnages encore plus complexes. Mais c’est un très beau premier roman qui m’a totalement happée. J’ai d’ailleurs retrouvé les personnages dans la suite « Un grain de moutarde » qui se déroule trois ans après la guerre de Sécession et dont vous pouvez également lire la chronique sur le blog.

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3 commentaires sur “« Le crocus jaune » de Laila Ibrahimi

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